WINTZENHEIM . PAROISSE

Chapelle Notre-Dame : son histoire


La Chapelle Notre-Dame

La chapelle de la Sainte-Vierge (la statue de la Vierge porte la date de 1627), qui se trouve à l'issue ouest du bourg de Wintzenheim, remplace, semble-t-il, une niche qui, prétend-on, fut transformée en une chapelle par le sieur Jean Endinger, qui était devenu aveugle.

Source : Perles d'Alsace - tome 1, Auguste Scherlen, Imprimerie Bader et Cie Mulhouse, 1926 (p.500)

En 1776, la petite église de Saint-Gilles était tombée dans un tel état de délabrement qu'on en projeta la reconstruction ; mais les plans qui se trouvent aujourd'hui encore aux archives départementales de Colmar, ne furent jamais exécutés. A cette époque déjà, l'autel de la Vierge avait disparu ; la statue même, sur laquelle l'on avait gravé la date mémorable de 1627, fut exposée dans une niche qui fut érigée au bord de la route de Saint-Gilles. A l'emplacement de cette niche, Kesselring de Thournbourg fit édifier, vers 1750, une chapelle à laquelle se substitua plus tard le célèbre pèlerinage de "Mariahilf". [...] Quant à la statue de la Vierge, celle de Saint-Gilles et un crucifix, ils ont été transférés, pendant la Révolution, dans la chapelle de Wintzenheim. 

Source : Perles d'Alsace - tome 2, Auguste Scherlen, Imprimerie Alsatia Colmar, 1929 (p.456)


La Chapelle Notre-Dame du Bon-Secours

Le pèlerinage de Notre-Dame du Bon-Secours n'a pas eu comme origine une apparition de la Vierge, mais simplement la Foi, la Confiance et l'Amour d'un citoyen de Wintzenheim : Jacob BALTZINGER.

Sur le registre paroissial, on peut lire qu'il était natif de Muntzenheim et décédé à Wintzenheim le 19 décembre 1779 à l'âge de 50 ans. L'acte de décès le présente "Fondator de la Capella B. Virginis in via Monatery" ; il s'agit du Monastère de Saint-Gilles. Cet acte est signé par le Curé DEMOUGE et le Vicaire DOLTER.

Aveugle de naissance, l'enfant Jacob avait été élevé par des parents pauvres, mais de foi profonde. Rien d'étonnant qu'il passa de longs moments de prière devant la statue "der Mutter der Barmherzigheit", l'implorant pour retrouver la vue. La provenance de cette statue nous mène à Saint-Gilles, où avait lieu jadis un grand pèlerinage en l'honneur du Saint Ermite "Aegidius" (Aegidi Prozession). 

Durant la réforme, la petite église de ce monastère fut dévastée et tout culte interdit. La statue de la Vierge fut apportée et cachée à Wintzenheim durant toute la période de ces temps troublés.

Au début du 18ème siècle, elle fut placée dans une niche au bas d'un vieux chêne à la sortie ouest du village, sur la route menant à Saint-Gilles, sur le terrain de l'actuelle chapelle. Les passants s'y arrêtaient pour prier. En raison des nombreuses grâces accordées, elle fut dénommée : NOTRE-DAME DU BON-SECOURS.

Un beau jour, Jacob Baltzinger, sans l'appui de sa canne, courut vers l'église en criant "Je vois, je vois". Pleurant de joie, il remercia Dieu pour cette grâce surnaturelle. Toute la population émue se réjouit avec lui. Il fit vœu d'ériger à cet endroit une chapelle. Comme il était pauvre et sans ressources, il alla mendier de porte en porte dans tous les villages environnants. Bientôt, il avait amassé assez d'argent pour construire un oratoire bien modeste (9 mètres de long sur 4 mètres de large).

Le Baron d'Andlau Reischvogt von Kaysersberg et Mitehrr von Wintzenheim lui accorda cette autorisation, et en plus, il put prélever de la forêt communale le bois qui lui était nécessaire pour la construction. Il débuta les travaux en 1761 et rattacha côté nord une petite annexe où le célibataire habita pendant une dizaine d'années, assurant la garde et l'entretien du sanctuaire. 

Philippe de Kesserling, châtelain de la Turnbourg (notre actuelle Mairie) fit don du terrain. L'édifice fut consacré en novembre 1770 et obtint l'autorisation d'y célébrer la Sainte Messe.

En 1789, un petit clocher vint embellir la construction. Trois ans plus tard, le 20 avril 1792, le domaine fut vendu comme bien national à un nommé Claudius SUTTER de Wintzenheim. L'acte de vente obligeait l'acquéreur à démolir le bâtiment dans un délai de un mois. Mais il passa outre et le transforma en un atelier de tissage. 

En 1810, Laurent FORNY en devint propriétaire. Durant la période où la chapelle n'était pas dédiée au culte, la statue de la Vierge fut tenue cachée sous l'escalier du clocher de l'ancienne église paroissiale. 

Vingt ans après la Révolution, le 16 mai 1819, onze habitants de Wintzenheim achetèrent la propriété et la cédèrent à la fabrique de l'église pour la somme de 1.320 francs. Les noms de ces honorables personnes sont : Jean-Baptiste BAFFREY, Jean FREYBURGER, Caspar KUEHN, Joseph SCHLUCK, Louis MEYER, Mathias SCHNEIDER, Joseph MEYER, Adam KLEIN, Joseph KEMPF, Michel GUTHMANN et Sébastien MEYER.

Le 19 mars 1820 à la fête de l'Annonciation, la statue retrouva en grande procession sa place dans la chapelle. Le curé KESSLER demanda à l'évêché l'autorisation d'y célébrer la messe, ce qui lui fut accordé. Les dimanches, l'affluence des fidèles était tellement grande que les paroissiens désertèrent l'office de l'église paroissiale, ce qui obligea le curé à fermer la chapelle les dimanches. 

De 1829 à 1831, Antoine de CLEBSATTEL, sieur de la Turnburg, petit-fils de Philippe de KESSELRING, érigea une chapelle de dimensions plus grandes et davantage en retrait de la route. On y ajouta une aile de bâtiment pour confessionnaux. 

Par autorisation épiscopale, le curé PLAGNAT la bénit le 13 juillet 1831.

L'année suivante déjà, il demanda et obtint l'autorisation provisoire d'y entreposer le Saint-Sacrement et comme il sévissait à l'époque une épidémie de choléra, on y récita chaque jour le chapelet (cette autorisation devint définitive à compter de 1850).

En 1834, fut bénie une deuxième cloche avec pour parrain Louis HONORAT et marraine Rosalie BAFFREY.

En 1842, l'ancienne église paroissiale reconnue insuffisante et en mauvais état fut démolie. En attendant la nouvelle construction, les services divins étaient célébrés dans la chapelle, dénommée "MARIA HILF". Pour contenir les fidèles, on érigea un hangar dans l'avant cour de celle-ci. Le 7 août 1861, la foudre provoqua un incendie qui détruisit le clocher. Aux jours de fêtes mariales, l'affluence des pèlerins était si grande que la chapelle s'avérait encore trop petite. 

En 1871, sur l'initiative du curé MAUDRUX, elle fut une nouvelle fois agrandie et flanquée de deux belles tours. La niche éclairée derrière l'autel, dans laquelle la statue de la Vierge a une place de choix, date de cette époque, ainsi que la tribune pour orgue.

Source : Jean Theiller, La Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours Wintzenheim, 1990


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